Russie: près de 1400 personnes arrêtées aux manifestations contre la guerre en Ukraine

Près de 1400 personnes ont été arrêtées jeudi dans plusieurs villes de Russie lors de manifestations contre la guerre en Ukraine, a rapporté l’ONG spécialisée OVD-Info. 

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Selon cette organisation, au moins 1391 personnes ont été interpellées dans 51 villes, dont 719 rien qu’à Moscou, où l’AFP a assisté à des dizaines d’arrestations sur la place Pouchkine, dans le centre, où un important dispositif policier avait été déployé.

Devant l’ambassade russe à Berlin, un manifestant brandit une pancarte où est écrit: «Stoppez cette folie, sauvez la vie, plus de mensonges». De nombreux autres arborent les couleurs ukrainiennes.

Parmi les protestataires, des Russes fustigent clairement l’opération militaire lancée par Moscou.

«Tout le monde devrait venir ici aujourd’hui et soutenir l’Ukraine et dire que la guerre doit cesser», déclare à l’AFP Olga Kupricina, 32 ans, originaire de Kaliningrad et installée en Allemagne depuis octobre.

«Les Ukrainiens et les Russes sont frères et soeurs. Tous mes amis et mes parents sont sous le choc et ne veulent pas de guerre», dit-elle.

«Nous voulons montrer que nous sommes contre la guerre. Nous sommes russes et venons de Russie. L’Ukraine a toujours été un pays très amical avec nous et un pays proche», abonde Ekaterina Studnitzky, 40 ans dont 16 passés en Allemagne.

Des Ukrainiens participaient à un autre rassemblement, au pied de la mythique Porte de Brandebourg.

Vladimir «Poutine a déjà volé ma maison parce que je suis de Donetsk et que ma famille et moi avons dû partir à cause de la guerre», s’emporte Sofia Avdeeva, étudiante de 22 ans.

«Criminel de guerre»

«Je ne veux pas que l’ensemble de l’Ukraine connaisse le même sort. J’ai déjà dit au revoir à ma maison, mais je ne veux pas que tout le pays vive l’enfer que nous avons vécu», poursuit-elle, avant de lancer que le président russe «devrait mourir».

«C’est un criminel de guerre, il n’a pas déclaré la guerre et il a attaqué des villes pacifiques», dénonce-t-elle.

De nombreuses manifestations sont prévues dans la plupart des grandes villes allemandes.

En Géorgie, théâtre d’une intervention russe en 2008, des milliers de personnes ont manifesté dans les principales villes. «Poutine a attaqué non seulement l’Ukraine aujourd’hui ou la Géorgie il y a des années, mais l’idée même de liberté», estime à Tbilissi Keti Tavartkiladze, professeur de mathématiques de 61 ans.

Paris

À Paris, plusieurs centaines de personnes étaient réunies elles aussi devant l’ambassade russe, dont plusieurs candidats à l’élection présidentielle d’avril comme l’écologiste Yannick Jadot ou l’ex-ministre Christiane Taubira.

Un grand rassemblement est prévu en fin de journée sur la place de la République, dans le coeur de Paris. Un autre s’est aussi tenu à Madrid.

À Varsovie, pays limitrophe de l’Ukraine, un drapeau russe a été brûlé par un manifestant devant l’ambassade russe.

Des rassemblements ont été en parallèle organisés à Beyrouth et Tokyo. À Dublin, La Haye et Amsterdam, des centaines de personnes ont elles aussi participé à des rassemblements jeudi devant les représentations russes.

À Istanbul, une quarantaine de personnes se sont réunies jeudi matin devant le consulat de Russie à Istanbul pour entonner l’hymne ukrainien et brandir des portraits du président russe, le visage couvert de sang.

La diaspora ukrainienne a également appelé à un rassemblement à Berne auquel ont participé plusieurs centaines de personnes sous le slogan «Stop à la guerre de Poutine».

«Nous nous sentons détruits (…) C’est un très mauvais sentiment quand votre mère vous appelle à 6 heures du matin et vous dit que la guerre a commencé. Alors nous avons décidé de quitter notre lieu de travail pour venir dire +non+ devant l’ambassade de Russie», déclare à l’AFP Yevhenii Osypchuk, un mécanicien automobile de 27 ans, qui a lui participé à un rassemblement à Stockholm.

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