S.G. est reconnu coupable du meurtre d’Eunice Osayande

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EdA — Florent Marot

Le jury d’assises de Bruxelles a reconnu, jeudi après-midi, l’accusé S.G. coupable du meurtre d’Eunice Osayande.

Cette jeune prostituée nigériane de 23 ans avait été tuée de plusieurs coups de couteau dans sa carrée, rue de Linné à Schaerbeek, en juin 2018. L’accusé était mineur au moment des faits. Le juge de la jeunesse s’est dessaisi de son cas et il a dès lors été renvoyé vers la cour d’assises.

Les jurés ont tenu compte, dans l’arrêt de culpabilité, du nombre de coups portés et de la localisation des coups qui démontrent, selon eux, une intention de tuer dans le chef de l’auteur. Ils ont également pris en considération les propres aveux de S.G. La défense n’avait d’ailleurs pas contesté la qualification retenue.

La victime a été tuée au cours de la nuit du 4 au 5 juin 2018, dans sa carrée située dans un immeuble de la rue de Linné à Schaerbeek. Son corps avait été découvert sur le pas de la porte, immédiatement après les faits, par des voisins.

L’auteur du crime, S.G., un jeune homme de 17 ans, a été reconnu sur des images de caméras de vidéo-surveillance du quartier, filmées juste après les faits. Il y est observé courant vers la gare du Nord, puis montant dans un tram, et arborant un t-shirt déchiré. Il a ensuite été identifié sur base d’empreintes digitales relevées sur un paquet de cigarettes se trouvant dans un sac qu’il avait abandonné sur place dans sa fuite.

Le mineur, qui était déjà connu de la police et des services judiciaires de la jeunesse, a été arrêté le 20 juin 2018, soit une quinzaine de jours après les faits. Après avoir tout d’abord nié toute implication, il est passé aux aveux complets en avril 2019, expliquant son geste par un différend dans le cadre d’une relation sexuelle tarifée avec la victime. Il a déclaré qu’il était stressé et se sentait humilié parce que la relation sexuelle se passait mal. La victime le pressait de se dépêcher et il s’est énervé. Il l’a poussée, frappée puis poignardée, a-t-il déclaré, expliquant que, sous l’emprise de stupéfiants, il avait perdu tout contrôle de lui-même.

Le décès d’Eunice avait provoqué l’émoi parmi les travailleuses du sexe du quartier Nord de la capitale. Elles avaient organisé une marche silencieuse, le 14 juin 2018, en mémoire à la jeune femme. Environ 150 personnes y avaient participé, dont une quarantaine de prostituées nigérianes, pour réclamer plus de protection policière dans les rues de Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek où elles travaillent, mais aussi un véritable statut pour leur profession.

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