Scandale Wirecard: un des cerveaux de la fraude localisé à Moscou (presse)

L’un des principaux suspects du scandale Wirecard, Jan Marsalek, recherché par Interpol après la faillite retentissante de la société financière en 2020, pourrait se trouver à Moscou, sous la surveillance des services secrets russes, affirme lundi le quotidien allemand «Bild». 

Repéré début 2021, cet Autrichien à la réputation sulfureuse «se serait caché dans un quartier particulièrement sécurisé de Moscou et y vivrait peut-être encore aujourd’hui (…) sous la garde des services secrets de Poutine, le FSB», affirme le journal allemand.

Fleuron allemand des paiements numériques, Wirecard s’est effondré en juin 2020 lorsque ses dirigeants ont avoué que 1,9 milliard d’euros d’actifs, soit un quart de la taille du bilan, n’existaient pas en réalité.

Cette faillite a constitué, de l’aveu même du gouvernement allemand, «le plus grand scandale financier» ayant jamais touché le pays.

Bild affirme que les services de renseignements russes ont proposé l’an dernier à leurs homologues allemands «d’interroger le suspect», ancien numéro 2 de Wirecard, recherché depuis près de deux ans.

Les agents allemands présents à Moscou auraient donc demandé à leur hiérarchie «des instructions pour savoir si une rencontre avec Marsalek devait avoir lieu».

Le message serait resté sans réponse de la part de la direction du BND, les services de renseignement allemands, même si le gouvernement a été «informé». 

Ancien responsable financier de Wirecard, Jan Marsalek, âgé de 42 ans, est soupçonné de longue date d’être lié à des intérêts russes et d’avoir bénéficié de complicités au sein de certains services secrets. Le Financial Times (FT) avait affirmé qu’il était en contact avec le renseignement militaire russe (GRU) et qu’il aurait aussi tenté dans le passé de former une milice pour intervenir en Libye.

Selon Bild, M. Marsalek se serait reconverti, au début de sa cavale, dans «la vente de vaccins Sputnik V», le sérum anti-Covid développé par la Russie, et entretenait des relation avec des «mercenaires paramilitaires».

La justice allemande mène une enquête criminelle complexe, aux multiples ramifications internationales, pour démêler l’écheveau des responsabilités dans le scandale Wirecard.

Les procureurs ont bouclé en mars leur acte d’accusation contre le PDG de l’entreprise, Markus Braun, contre lequel pèsent de lourdes charges incluant celles de fraude en bande organisée et de manipulation de marché. En détention provisoire en Allemagne, M. Braun pourrait être jugé dans les prochains mois.

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