Sébastien Derock recense les pianos publics du monde entier, avant de partir en tournée… cycliste (Rochefort)

En vue d’un prochain spectacle personnel, mêlant musique et science cycliste, Sébastien Derock veut recenser les pianos publics du monde entier. Ou presque.

Originaire de Mouscron, basé à Rochefort depuis un bon moment, Sébastien Derock est comédien depuis 20 ans. Œuvrant dans le théâtre de rue mais aussi comme freelance pour des compagnies (comme Victor B avec laquelle il participe au succès Francis sauve le monde), l’homme aime créer des choses plus personnelles: un solo de clown, la plus petite fanfare du monde ou, plus récemment, Spoutnik, lancé en 2019 et saboté par le Covid, que l’artiste tentera une dernière fois de mettre sur orbite en 2022.

Mais, si la pandémie a tenté de contrecarrer ses rêves, le multi-instrumentiste (cuivre, accordéon, guitare…) a imaginé une manière de se relancer, en recensant les pianos publics du monde entier. Ou quasiment.

L’appel est lancé depuis quelques jours et Sébastien a déjà reçu quelques dizaines de suggestions sur ses réseaux. De quoi ébaucher un circuit de ce que pourrait être une tournée des pianos publics.

 

En quête d’indépendance

 

« C’est un projet arrivé avec le confinement. Je me suis rendu compte à quel point le fait de s’exprimer comptait dans mon métier: un spectacle est une manière de montrer ce que je pense, comment je vois le monde. Cet art était très dépendant de décisions gouvernementales. Mon emploi se conçoit dans des lieux, centres culturels ou salles. Si j’aime cette manière de donner rendez-vous aux spectateurs, je voulais gagner en indépendance. »

Alors, Sébastien a eu envie de faire du piano et du… vélo. Une idée de show itinérant est née.  » À vélo, pas besoin de pétrole. En apprenant par cœur des morceaux, je me libère des partitions. Puis, je veux voyager léger, pas question bien sûr de transporter un piano ni de tente ou de sac de couchage. Je verrai ce que je trouverai sur place.Après avoir été tellement dépendant de la situation sanitaire, je veux pousser le bouchon de l’indépendance le plus loin possible et m’ouvrir un maximum aux rencontres. Je ne serai soumis qu’à une seule chose: l’existence d’un piano accessible à tous, quelque part. »

 

Remco Rachmaninov

 

Si le Rochefortois n’en est encore qu’à l’embryon de ce spectacle inattendu, les idées fortes se dégagent déjà.  » Je compte incarner un personnage très pop, fan du Tour de France, avec maillot à pois et casquette de rigueur. Je n’ai pas envie de ressembler au grand voyageur, avec des sacs partout. »

À bon port, le comédien déposerait son vélo sur le bord du piano et se mettrait à jouer des grands classiques: Chopin, Rachmaninov… « Mon but sera de faire de la musique et de parler vélo et de faire se rencontrer des publics très différents. J’ai lu un livre super-intéressant: Cyclisme et science – comment fonctionne le couple homme-machine. Vous vous rendez compte que l’énergie que votre corps pour marcher à 5 km/h est la même que pour faire 15 km/h à vélo? Un tour du monde à vélo, c’est envisageable à l’échelle d’une vie. À pied, il faudrait se lever tôt. En poussant les pédales, on peut vite se retrouver à 200 km de chez soi, mais il faut bien connaître sa machine, la chérir, pour être sûr de revenir. »

Après écriture et une première tournée d’échauffement, Sébastien espère partir sur les routes d’ici deux ans, après avoir recueilli un maximum de points de chute et de fugue.

 

 

L’éloge de la fausse note

 

« Quand j’étais enfant, mes parents ont dû faire un prêt pour acheter un piano. Après l’académie, j‘ai arrêté pendant 20 ans. On ne nous apprend peut-être pas assez à prendre du plaisir. Aujourd’hui, je me dérouille. On apprend très vite, petit, beaucoup plus que quand on est adulte. »

En lançant son appel à idées, Sébastien s’est vite rendu compte que les pianos publics pullulaient. Dans les gares, les ports… « C’est assez unique qu’un tel instrument soit mis à disposition de n’importe qui. J’aimerais comprendre comment est né le mouvement. C’est poétique comme initiative. »

Le showman espère bien tomber sur des engins extraordinaires mais s’attend aussi à tomber sur des antiquités, avec, des histoires à raconter mais peut-être aussi des touches défaillantes. « Je sais qu’ils ne seront pas accordés comme au Sainte-Élisabeth. Mais je suis un fan de fausses notes, du fait que rien n’est parfait nulle part. Puis, c’est du pain béni pour un clown. S’il n’y en a qu’une, on peut l’amadouer. « 

 

 

 

À la rencontre des mondes

 

« Mon vélo, il est sobre. Peut-être le tunerai-je à un moment.  » Sébastien s’est mis en selle par hasard. « Il y a 4 ans, j’étais invité à remettre les prix du challenge La Diagonale. Une course de 350 km qui consiste à traverser la Belgique, de la Côte à l’Ardenne, en 24 h. Quelle ambiance! J’ai relevé le défi sportif les années suivantes. Je suis devenu mordu. »

En liant le piano qui, dans l’imaginaire collectif, représente la classe, l’excellence, à une sphère aussi populaire que le vélo, Sébastien veut rassembler les mondes. Il imagine bien les passants, amateurs de la petite reine ou mélomanes, s’arrêter quelques minutes, ou plus, et communier dans leurs différences pendant ce spectacle, à la liaison des modes, du noir et du blanc.

 

Toutes les idées de pianos publics peuvent être envoyées à [email protected]

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