sérieux incident concernant Chevetogne au conseil provincial de Namur (Ciney)

Nous avons précédemment évoqué une interpellation citoyenne devant le conseil provincial. C’était ce vendredi. Elle concernait Chevetogne, ce fut dans le calme et le respect. Par contre, en fin de séance, Jean-Marie Cheffert, chef de groupe MR (majorité), a accusé le directeur du domaine d’avoir au minimum inspiré l’intervenant. Sérieux incident. Et réplique par communiqué de presse de Bruno Belvaux, le patron de Chevetogne. Furax.

Ce samedi matin, nous avons fait écho à l’interpellation citoyenne d’un Cinacien, lors de la réunion du conseil provincial de vendredi. Jean-Gérald Pahaut était venu pour poser des questions sur le futur du domaine de Chevetogne. Ce genre d’interpellation n’arrive pas souvent, c’est le moins que l’on puisse écrire. La dernière datait de 2006.

Nous ne l’avons volontairement pas «mélangée» avec le grave incident qui l’a suivie, en toute fin de séance publique. Alors que le débat portait de nouveau sur Chevetogne, plus particulièrement sur la mise en régie du domaine d’ici le début de l’année prochaine («Où en est-on?» avait demandé le conseiller de la minorité Guy Milcamps, PS), ça a dérapé.

Jean-Marie Cheffert, chef de groupe du MR (le plus important de la majorité formée avec le cdH et DéFI) a rebondi sur une remarque de la députée en charge de Chevetogne. Geneviève Lazaron (cdH) venait d’accuser les Écolos de faire du projet de musée vert à Chevetogne «une tribune politique». Et de qualifier ce projet (évoqué deux bonnes heures plus tôt dans l’interpellation citoyenne) de «projet de deux personnes, de concept». Parmi ces deux personnes, un professeur d’université et le directeur du domaine, Bruno Belvaux. Il n’était pas présent, mais il suivait les débats en virtuel, comme n’importe quel citoyen peut le faire. Son sang n’a fait qu’un tour quand le conseiller Cheffert a pris la parole.

Graves accusations de Jean-Marie Cheffert contre le directeur de Chevetogne

Après avoir salué la «mise au point de Geneviève Lazaron vis-à-vis d’Écolo», le bouillant Cinacien a tout simplement accusé Bruno Belvaux d’avoir téléguidé l’interpellation citoyenne. Jean-Marie Cheffert, dans la stupéfaction assez générale, est immédiatement passé à l’attaque avec la grosse artillerie: «J’ai sous les yeux trois lettres du directeur de Chevetogne à sa hiérarchie. Vous seriez édifié de constater que pratiquement mot pour mot, c’est l’intervention de M. Pahaut (NDLR. le citoyen qui s’est exprimé en début de séance). Ces informations, il ne les a pas sucées de son pouce. J’en ai assez de ces interventions du directeur».

Le président de l’assemblée, Philippe Bultot (MR), a tenté de stopper l’intervenant, quand pratiquement tout avait été dit par ce dernier, en lui rappelant qu’on ne peut parler de personnes en séance publique. Réplique de Cheffert: «J’ai parlé de directeur». Le chef de groupe MR a encore eu le temps de décocher une dernière flèche, évoquant de nouveau un courrier de Bruno Belvaux, où il serait question de négociations salariales en cas de passage en régie. Conclusion de Jean-Marie Cheffert: «Il demande une augmentation, ça suffit!»

«Quel mépris pour un citoyen!»

Dans la minorité, les chefs de groupe se sont dits édifiés par cette intervention. Georges Balon-Perin (Écolo) parlant de «grave dérapage», «de mépris de toutes les règles de procédure». Et d’accuser le président du conseil: «Vous l’avez laissé faire, presque jusqu’au bout».

Le socialiste Antoine Piret a quant à lui trouvé inacceptable de s’en prendre à une personne qui n’était pas là pour se défendre. Au passage, le chef de groupe du PS a souligné « le total mépris pour une interpellation citoyenne. Vous prêtez à un citoyen d’être manipulé!»

Fin de conseil très houleuse. Mais l’histoire n’est pas finie. Car Bruno Belvaux a réagi, lui aussi très vigoureusement.

 

Bruno Belvaux: «Les attaques stériles d’un aigri»

Que Bruno Belvaux laisse passer, ce serait mal le connaître. Le directeur du domaine provincial de Chevetogne s’est fendu d’une réplique vigoureuse, sous forme de communiqué de presse. Extraits.

« Lors du conseil provincial, j’ai à nouveau été attaqué avec haine et outrance par un chef de file de la majorité. Malgré le rappel à l’ordre du président d’assemblée qui lui disait qu’on ne pouvait s’en prendre nominativement à un fonctionnaire en séance publique, l’élu emporté par son agressivité s’est déchaîné de plus belle donnant à nouveau une piètre image de cette politique dont les gens ne veulent plus. En ce qui relève de ses arguments, je les conteste en tout.

1. J’affirme avec la plus ferme conviction que je ne connais pas, que je n’ai jamais rencontré et que je n’ai pas écrit un seul mot du texte de M. Pahaut… mais il me semble normal que des mots, des arguments, des références se recoupent lorsqu’on parle du domaine de Chevetogne. D’après ce que j’ai vu de lui en intervention, ce Monsieur me semble tout à fait capable d’écrire ses textes sans moi. Et prétendre qu’il a eu besoin de moi «comme plume» est insultant et diffamant pour lui.

2. Le chef de groupe a voulu me salir en sortant une phrase de son contexte disant que je sollicitais une augmentation. Faux! J’ai dit que si on mettait le domaine en régie “et si dès lors la responsabilité financière et civile du directeur s’en trouvait fortement augmentée, il était hors de question que ce soit aux mêmes conditions”. Cela se confirme dans toutes les mises en régie, ce que semble ignorer l’intéressé».

Et d’évoquer la Province, son employeur: «Si cette dernière ne souhaite pas protéger les droits d’un de ses travailleurs contre les attaques stériles de cet aigri, je serai obligé d’attaquer ce dernier et mon employeur défaillant afin de faire respecter mes droits».

 

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