«Si le secteur de la nuit disparaît, Bruxelles est une ville morte» (Bruxelles)

Jeudi, le Codeco a décidé de maintenir les mesures actuelles concernant l’événementiel.

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La culture festive pousse un coup de gueule. Selon Lorenzo Serra, plusieurs entrepreneurs songent même à quitter l’Europe.

Le Codeco du 6 janvier se résume en une phrase : les mesures actuelles restent d’application, c’est-à-dire que l’on maintient la fermeture de l’horeca à 23 h et l’arrêt complet de la culture festive en intérieur. Pour ces secteurs, c’est un pas de plus vers l’oubli.

Va-t-on pouvoir profiter de la culture festive en intérieur cet hiver? Va-t-on refaire la fête un jour à Bruxelles? Se dirige-t-on vers le zéro night life pour les années à venir? Lorenzo Serra, le cofondateur de Brussels by Night Federation, qui représente les professionnels du secteur de la nuit à Bruxelles, a réagi au dernier Codeco du jeudi 6 janvier.

« C’est dur de répondre sans se fâcher car, une fois de plus, les êtres humains que nous sommes, et la jeunesse, ne sont pas une priorité pour le gouvernement. À la suite des ratés des trois derniers Codeco, je me demande d’ailleurs s’il y a une personne sur 100 qui écoute encore ces conférences de presse. »

Selon lui, les autorités fédérales ne comprennent pas que le monde de la nuit fait partie de l’écosystème de la culture bruxelloise et belge, elles oublient les générations futures, privées de leurs loisirs. « Nous sommes en prison, pris en otage par le gouvernement », ajoute-t-il.

Il rappelle que, en Belgique, la culture festive à l’intérieur est un métier saisonnier, d’octobre à avril. « Si on n’ouvre pas fin janvier au plus tard, on est mort. »

 

Apprendre à vivre avec le virus en hiver

 

Il y a quelques semaines, le secteur de la nuit a écrit une carte blanche au gouvernement pour rouvrir le 29 janvier prochain avec la méthode « 2G », c’est-à-dire aux personnes vaccinées et aux personnes guéries du Covid. « C’est une solution temporaire. Ce n’est pas pour discriminer mais pour éviter de punir les vaccinés à qui on a promis la vie après leur vaccin, et aussi pour protéger ceux qui ne le sont pas. Il est temps d’apprendre à vivre avec ce virus durant l’hiver car il y a de fortes chances qu’il soit toujours là l’an prochain », explique Lorenzo Serra.

Quant à une ouverture forcée, similaire aux cinémas pendant les fêtes, Lorenzo ne sait pas encore répondre. « J’ai plusieurs réunions dans les semaines qui arrivent pour en discuter car certains en parlent. Mais s’il n’y a pas de réouverture, on voit déjà des départs hors de l’Europe se profiler », confie-t-il.

 

Quel futur pour le secteur de la culture festive à l’intérieur?

 

Lorenzo Serra explique qu’après avoir parlé à certains entrepreneurs du secteur, plusieurs pensent donc à partir travailler hors de l’Europe, là où l’événementiel n’est pas à l’arrêt.

Il parle aussi de la perte d’espoir des étudiants ayant choisi cette voie, ceux qui sortent des études, ces moins de 30 ans qui préféreront partir plutôt que de vivre sans espoir. « On pousse le secteur à partir. On retourne vers la vieille Europe face au reste du monde qui avance. Si le secteur de la nuit disparaît, Bruxelles est une ville morte. »

Il explique également que certains entrepreneurs voudront vendre leurs business si rien ne bouge en janvier… mais à qui? Le cofondateur de Brussels by Night Federation veut en tout cas se faire entendre, sortir du « politiquement correct » car l’heure est grave.

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