Sommet UE : la France veut un «signal politique» à l’Ukraine, mais pas d’adhésion accélérée

L’Union européenne doit envoyer à l’Ukraine lors du sommet des 10 et 11 mars à Versailles «un signal politique sur son appartenance à la famille européenne», ainsi qu’à la Géorgie et la Moldavie, mais ne peut pas lancer une procédure d’adhésion accélérée, a estimé l’Élysée mercredi. 

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Pour la France, il faut pour ces trois pays «inventer de nouvelles formes de rapprochement de l’UE» avec «un renforcement des coopérations dans les domaines économiques, éducatifs et de recherche ainsi que dans la coopération politique». Leurs chefs d’État pourraient par exemple «être associés aux réunions du Conseil européen plus régulièrement».

L’UE leur a déjà lancé un premier signal en lançant dès lundi la procédure pour l’examen des demandes d’adhésion que ces trois pays ont déposées juste après l’invasion russe de l’Ukraine, alors qu’elle avait mis deux ans pour répondre à celle de la Roumanie.

«Leur demande d’adhésion témoigne du partage de valeurs, nous voulons pouvoir leur répondre de la manière la plus rapide et concrète, pour les ancrer rapidement» en Europe, souligne Paris.

«Mais il ne peut pas y avoir de procédure accélérée d’adhésion, qui prend des années, car l’adhésion signifie une convergence des économies, le respect d’un certain nombre de critères et des contraintes pour l’État qui adhère, qui doit avoir une économie suffisamment forte pour entrer», ajoute l’Élysée. 

Une Ukraine qui adhèrerait trop vite après la guerre, «avec des fondamentaux économiques en décalage par rapport à la moyenne européenne», risquerait par exemple que les personnes les plus qualifiées aillent dans des pays où le niveau de vie est le plus important, fait valoir la présidence française. 

«L’adhésion, ce n’est pas une décision qui se prend en un weekend», a plaidé un conseiller du président français. «Nous comprenons cette demande ukrainienne et nous voulons dire aux Ukrainiens qu’ils font bien partie de la famille européenne, mais ce n’est pas une procédure d’adhésion qui mettra fin à la guerre».

Paris souligne aussi que les pays des Balkans qui attendent depuis des années dans l’antichambre de l’UE «ne comprendraient pas».

En 2019, Emmanuel Macron avait mis son véto, avec deux autres États membres, à l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Macédoine du nord et l’Albanie, estimant que les conditions n’étaient pas réunies pour un élargissement de l’UE à ces deux pays.

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