Suède : le premier ministre Löfven a démissionné, sa succession enclenchée

À moins d’un an des élections législatives en Suède, le premier ministre social-démocrate Stefan Löfven a démissionné mercredi, un départ prévu enclenchant le processus de succession qui doit voir la ministre des Finances Magdalena Andersson le remplacer. 

• À lire aussi: Le monde s’interroge sur l’impact du ralentissement chinois

• À lire aussi: La Pologne accuse Poutine d’orchestrer la crise migratoire

Après sept ans au pouvoir, Stefan Löfven, fragilisé par une crise politique au début de l’été, avait annoncé en août qu’il quitterait son poste en novembre, en amont du scrutin de septembre 2022.

« Cela a été sept années fantastiques, et je suis très fier qu’un type de la classe ouvrière de Sunnersta à Ådalen ait eu le grand privilège de diriger ce pays pendant ces années », a affirmé M. Löfven lors d’une conférence de presse.

L’ancien syndicaliste de la métallurgie a confié sa hâte de profiter d’un nouveau sauna chez lui à Örnsköldsvik, dans le nord suédois.

Affaibli

Magdalena Andersson, élue la semaine dernière à la tête des sociaux-démocrates en remplacement de M. Löfven, devrait aussi lui succéder rapidement comme cheffe du gouvernement. À condition d’emporter un vote au Parlement, dont la date n’a pas encore été fixée.

Bien que championne affichée de l’égalité des sexes, la Suède n’a encore jamais eu de femme première ministre, contrairement à tous les autres pays nordiques.

« Le peuple suédois veut une succession rapide », a affirmé mercredi M. Löfven, qui avait fait ses adieux à Bruxelles fin octobre en même temps que la chancelière Angela Merkel.

Cet ancien soudeur syndicaliste à la carrure et au nez de boxeur, âgé de 64 ans, avait ramené la gauche suédoise au pouvoir en 2014, puis avait rempilé en se rapprochant du centre droit après les élections de 2018.

Si ce bon négociateur est parvenu, selon les experts, à remettre son parti – alors « dans le chaos » – sur les rails, « il n’a jamais été considéré comme un leader visionnaire, on avait besoin de lui lorsque le parti était en difficulté, et il a bien travaillé », dit à l’AFP Anders Sannerstedt, professeur de sciences politiques à l’Université de Lund.

Au cours de son mandat, le premier ministre sortant a dû faire face à la montée de l’extrême droite, une crise migratoire et sanitaire, en assumant jusqu’au bout la stratégie divergente de la Suède face à la COVID-19.

Sa position s’était davantage affaiblie en juin, à l’issue d’un vote de défiance inédit qui a renversé son gouvernement, déclenché par le parti de Gauche pour protester contre un projet de libéralisation des loyers.

Après plus d’une semaine de crise, Stefan Löfven, avait finalement été réinvesti par le Parlement le 7 juillet. Mais il restait dans une position fragile.

Selon M. Sannersted, la décision de passer la main est « sage », avant des élections qui s’annoncent disputées. « L’élection de 2022 risque d’être très serrée, les sondages les plus récents racontent la même histoire », constate l’expert.

Négociations

Les sociaux-démocrates désormais menés par Mme Andersson devront notamment contrer le parti conservateur des Modérés d’Ulf Kristersson qui s’est rapproché du parti anti-immigration des Démocrates de Suède (SD) de Jimmie Åkesson et est désormais prêt à gouverner avec son appui au Parlement.

Pour pouvoir devenir la première première ministre en Suède, Mme Andersson doit ne pas être rejetée par une majorité absolue (175 sièges sur 349) contre elle.

Pour cela, les sociaux-démocrates doivent s’assurer l’appui conjoint de leurs alliés écologistes et de deux autres partis : le parti de Gauche et le Parti du centre.

Des intérêts souvent divergents que Magdalena Andersson va devoir rassurer pour ne pas être bloquée dans sa marche vers le pouvoir.

Peu avant l’annonce de la démission de Stefan Löfven, la cheffe de file des centristes, Annie Lööf, a toutefois assuré que son parti ne voterait pas contre Magdalena Andersson, après un accord trouvé avec les sociaux-démocrates et les écologistes.

Si un premier obstacle a été levé avec le parti du Centre, « le deuxième, qui reste le principal, est le parti de gauche », souligne Jan Teorell, professeur de sciences politiques à l’université de Stockholm.

« Ce qui pourrait nécessiter des concessions de la part du gouvernement, mais personne ne s’attend à ce qu’elles soient trop importantes », dit-il.

À VOIR AUSSI :  

Get in Touch

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Articles Connexes

Derniers Messages