Tunisie : Macron appelle à une transition «inclusive», l’Allemagne verse une aide pour soutenir le «retour à l’ordre constitutionnel»

Le président de la République française Emmanuel Macron s’est entretenu samedi avec son homologue tunisien Kais Saied, appelant celui-ci à conduire une transition «inclusive», a rapporté l’Élysée une semaine après une manifestation d’opposants réprimée brutalement à Tunis. L’Allemagne, quant à elle, a annoncé le versement imminent d’une aide de 100 millions d’euros à la Tunisie, disant avoir «pris cette décision» en soutien à la promesse du président Kais Saied d’un «retour à l’ordre constitutionnel» et d’une restauration «de l’acquis démocratique». 

Les deux dirigeants «ont évoqué la situation en Tunisie», et M. Macron «a salué l’annonce du calendrier de transition et a encouragé le président Saied à mener la transition dans le cadre le plus inclusif possible», selon l’Élysée, qui précise que le président tunisien «s’est engagé à respecter l’État de droit et les libertés démocratiques».

Depuis le 25 juillet 2021, argüant de blocages multiples, M. Saied s’est arrogé les pleins pouvoirs en suspendant le Parlement, dominé par le parti d’inspiration islamiste Ennahdha, sa bête noire.

Depuis, il gouverne par décrets malgré les protestations d’opposants et d’ONG nationales et internationales.

Le 13 décembre, M. Saied a dévoilé une feuille de route destinée à sortir de la crise politique avec un scrutin législatif prévu en décembre 2022, après révision de la loi électorale, et un référendum en juillet 2022 pour amender la Constitution, qu’il veut plus «présidentielle», aux dépens du Parlement.

Le 14 janvier, dans des scènes d’une violence qui n’avait plus été vue à Tunis depuis dix ans, les policiers avaient chargé les manifestants à grand renfort de canons à eau et de gaz lacrymogène, et procédé à des dizaines d’arrestations musclées.

Selon l’Élysée Emmanuel Macron «a également encouragé le président tunisien à mettre en place un programme de réformes nécessaires pour faire face à la crise économique que connait la Tunisie. Il a confirmé que la France était comme toujours prête à appuyer la Tunisie, et à l’accompagner dans la mise en œuvre de ces réformes».

L’Allemagne verse une aide pour soutenir le «retour à l’ordre constitutionnel»

L’Allemagne a annoncé le versement imminent d’une aide de 100 millions d’euros à la Tunisie, disant avoir «pris cette décision» en soutien à la promesse du président Kais Saied d’un «retour à l’ordre constitutionnel» et d’une restauration «de l’acquis démocratique».

Lors d’une rencontre avec la ministre tunisienne des Finances, Sihem Boughdiri Nemsia, l’ambassadeur d’Allemagne, Peter Prügel, a précisé que le prêt de 100 millions d’euros destiné aux PME et convenu en 2020 serait «décaissé dans les prochains jours», selon un communiqué de l’ambassade d’Allemagne sur son compte Facebook.

Selon l’ambassadeur, «la décision a été prise avec la conviction que la feuille de route du président ouvrait la voie au retour à l’ordre constitutionnel et restaurait l’acquis démocratique dans le pays», selon l’ambassadeur.

L’ambassadeur a rappelé une déclaration faite le 16 décembre par l’Union européenne, soulignant «l’importance du respect des droits de l’Homme et des droits fondamentaux des Tunisiens» et «d’assurer la séparation des pouvoirs et l’état de droit dans le pays». 

L’Allemagne «est prête à continuer de soutenir la consolidation de la démocratie tunisienne», mais elle «suit de près l’évolution de la situation en étroite coopération avec ses partenaires européens et internationaux», a souligné M. Prügel.

Le président Kais Saied, élu démocratiquement fin 2019, a argüé de blocages multiples pour s’arroger les pleins pouvoirs le 25 juillet dernier, en limogeant son premier ministre et gelant le Parlement. 

Le 13 décembre, il a annoncé une feuille de route prévoyant une consultation électronique nationale jusqu’au 20 mars, avant un référendum pour amender la Constitution en juillet, et des élections législatives en décembre.

Ses opposants ont dénoncé un coup d’État et des ONG tunisiennes et internationales ont dit craindre une dérive autoritaire.

M. Saied a affirmé jeudi que «les libertés étaient garanties» dans son pays, assurant aussi «rejeter la violence», six jours après une manifestation d’opposants réprimée brutalement par la police.

La Tunisie, très endettée, où la croissance est faible et le chômage très élevé (plus de 18 %), est en quête d’importants financements internationaux, en particulier du FMI.

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