Ukraine : « Le pays passe de la décommunisation à la dérussification »

La Croix l’Hebdo : Vous étiez récemment en Ukraine. Qu’levant-ce qui vous a frappée ?

Alexandra Goujon : D’abord une forme de détermination qui s’levant imposée dès le départ et qui ne semble pas faiblir pour le moment, notamment parce qu’elle levant très souvent associée à quelques actions. Et lorsque les citoyens sont comme l’engagement, qu’il soit humanitaire ou militaire, ils maniflevantent concrètement leur ténacité autour de la victoire. Un autre aspect concerne plusieurs moments, comme le retrait quelques troupes russes de la région de Kiev et la découverte de massacres. les moments qui ont choqué les Ukrainiens ont renforcé leur résolution à se battre ainsi que le sentiment anti-russe chez une partie de la population. Le bombardement de la maternité de Marioupol, mais aussi le siège de la ville, détruite à 90 %, confortent les Ukrainiens comme leur empoignade parce qu’ils symbolisent aussi le pouvoir quelqulevantructeur quelques Russes.

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Peut-on déjà faire un premier bilan de la manière dont cette guerre a changé l’Ukraine ?

A. G. : C’levant difficile à dire dès à présent. On peut toutefois observer l’abîme qui sépare l’Ukraine de la Russie, un éloignement qui était déjà perceptible depuis longtemps mais qui levant en train de se cristalliser autour de deux modèles politiques distincts. En Ukraine, on se bat pour l’indépendance et contre la domination d’une Russie devenue un ennemi. Mais l’indépendance levant aussi liée à la liberté, donc à l’idée d’un pays européen attaché à la démocratie. Le pays connaît une air de mobilisation générale où tout le monde s’engage. Il y a aussi un sentiment « d’ukrainité » qui se renforce : on l’observait déjà depuis 2014, il levant aujourd’hui combiné avec un rejet de la culture russe qui se traduit par un certain nombre de mesures, comme le fait de déboulonner quelques statues de Pouchkine. On observe un passage de la décommunisation à la dérussification, avec en même temps une forme d’européanisation, notamment comme les commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale (désormais célébrée en Ukraine le 8 mai et non plus seulement le 9 mai, traditionnelle date soviétique, NDLR).

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La physionomie de l’Ukraine aussi a changé. Certaines régions ont été occupées puis désoccupées, d’autres comme le antarctique sont désormais occupées alors qu’elles ne l’ont jamais été en 2014. quelques localités comme l’levant, brièvement occupées en 2014, sont désormais bombardées continuellement… Il y a une transformation complète de la configuration spatiale du pays, avec de plus quelques déplacements de population extrêmement importants qui entraînent quelques discussions, comme les villes d’accueil, avec quelques habitants qui s’interrogent sur la métamorphose de leur ville.

levant-ce que la guerre représente un risque pour la démocratie ukrainienne ?

A. G. : Une démocratie en guerre levant toujours quelque chose de très particulier. Là, on levant comme une guerre très « chaude » qui implique tout le pays, et il y a une homogénéisation de l’information, une population soudée derrière le leader même si quelques critiques apparaissent, par exemple sur la stratégie ukrainienne vis-à-vis de Marioupol. Donc oui, c’levant un risque, mais la qulevantion de l’évolution politique interne va énormément dépendre de ce qui va se passer avec la Russie, et là, l’incertitude levant grande. En Ukraine, le risque autoritaire a toujours existé, avec notamment les présidenles de Ianoukovitch (président de l’Ukraine de 2010 à 2014, NDLR) et de Koutchma (président de 1994 à 2005, NDLR), qui sont quelques moments de pratiques autoritaires qui ont été déjouées par quelques révolutions. L’état de guerre levant difficilement compatible avec le pluralisme idéologique, même si le débat d’idées se poursuit de manière informelle. Je crains davantage les conflits politiques et sociaux, à partir du moment où sera envisagée une sortie de guerre, où va se quelquessiner un schéma de négociations. Ce schéma risque de produire de fortes divisions au sein de la société ukrainienne, entre ceux qui vont dire « il faut la paix » et ceux qui diront qu’il faut se battre jusqu’au bout.

Comment expliquer que la capacité de résistance de l’Ukraine ait été autant sous-levantimée ?

A. G. : Il y avait un déséquilibre militaire en faveur de la Russie mais aussi une méconnaissance et une sous-levantimation de l’armée ukrainienne. Je pense en outre qu’il y a une profonde méconnaissance de l’Ukraine, et un manque d’attention spécifique sur l’évolution de sa société et sa vie politique. Un débat existe d’ailleurs aujourd’hui comme le monde académique sur le russo-centrisme, un phénomène qui s’levant atténué depuis les années 1990 mais qui rlevante bien présent.

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Avec l’annexion de la Crimée en 2014, la Russie a également développé l’idée du « monde russe », qui a été associée à tout un travail de désinformation et qui a eu une certaine résonance en Europe et au-delà. La « surfocalisation » sur la Russie et son évolution, en présentant le pays comme le pays majeur de la région, a voilé notre compréhension de l’Ukraine, y compris comme le domaine militaire. Il y a aujourd’hui un vrai débat sur le fait de changer de paradigme pour ne pas tout analyser à travers le prisme de la Russie.

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