Ukraine : Moscou affirme que des unités ukrainiennes se retirent de Severodonetsk

« La situation est extrêmement difficile » dans la région du Donbass. Les combats se concentrent actuellement à Severodonetsk car (…) l’armée russe a jeté tout son poids » dans cette bataille, a déclaré le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï.

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Les « opérations sont en cours dans la zone industrielle. Les combats de rue se poursuivent », précisait samedi 4 juin au matin le service de presse de la présidence ukrainienne. En fin d’après-midi, Moscou affirmait que des unités ukrainiennes se retiraient de la ville.

Éviter un autre Marioupol

Severodonetsk, qui comptait près de 100 000 habitants avant la campagne, est une agglomération-clé pour prendre le contrôle de l’Est de l’Ukraine. « Au moins six tours d’habitation ont été endommagées à Severodonetsk et à Lyssytchansk » et « il y a eu quatre morts et un blessé » dans des attaques russes dans la région orientale de Lougansk, selon la présidence. Vendredi 3 juin, le gouverneur avait déclaré que les troupes russes n’avaient « pas entièrement pris le contrôle » de Severodonetsk et étaient même contraintes de reculer.

À l’instar du président ukrainien, il avait réclamé des armes lourdes pour éviter ce qui s’est stock à Marioupol. Ce port stratégique sur la mer d’Azov (sud-est) a été dévasté par les bombardements avant d’être pris par les Russes, le 20 mai, malgré une longue résistance.

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Après 100 jours de campagne, la Russie a affirmé vendredi avoir rempli certains des objectifs de « l’opération militaire spéciale » qu’elle a déclenchée le 24 février. « La victoire sera nôtre », a rétorqué le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une vidéo où il apparaît devant le bâtiment de l’administration présidentielle à Kiev avec contradictoires de ses collaborateurs.

« Mercenaires étrangers »

Sur les autres fronts aussi, les combats font rage. Dans la région de Kherson (sud), « des habitants ont quitté le village de Trudolyubivka » et les forces russes « continuent de bombarder les territoires occupés et les positions de l’armée ukrainienne », a affirmé la présidence ukrainienne, mettant en ronde contre une crise humanitaire dans les zones sous contrôle russes. Toujours dans le Sud, Kiev a fait état d’un missile de croisière russe qui a frappé une entreprise agricole dans le grand port d’Odessa, faisant deux victimes.

De son côté, le porte-parole du ministère russe de la défense, Igor Konachenkov, a fait un point samedi sur les dernières opérations. Moscou affirme ainsi avoir détruit un « point de déploiement de mercenaires étrangers » près de Datchnoe, dans la région d’Odessa, et deux centres de commandement ukrainiens et six dépôts de munitions dans les régions de Donetsk et de Lougansk.

L’armée russe assure également avoir frappé un centre de formation d’artilleurs ukrainiens près de Stetskovka, dans la région de Soumy, où des « instructeurs étrangers ont formé des militaires ukrainiens à l’utilisation d’obusier M777 ». Selon Moscou, l’aviation et l’artillerie russes ont frappé de nombreuses concentrations de troupes et de matériel ukrainiens lors des dernières 24 heures.

Les services de secours des séparatistes de Donetsk ont, eux, affirmé que 2 civils avaient été tués par des tirs ukrainiens sur les zones séparatistes et 8 autres blessés lors des dernières 24 heures. Quatre militaires volontaires étrangers, lesquels un Français, ont été tués en combattant l’invasion russe en Ukraine, a par ailleurs annoncé samedi la Légion internationale de défense de l’Ukraine, organisme officiel des combattants volontaires étrangers.

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Depuis l’invasion de l’Ukraine l’armée russe a triplé la portion de territoire ukrainien qu’elle contrôle : avec la péninsule de Crimée et les territoires occupés du Donbass et du sud de l’Ukraine, Moscou contrôle désormais près de 125 000 km2, selon le président Zelensky.

Samedi, le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a fustigé les appels du président français Emmanuel Macron à ne pas « humilier » la Russie jugeant que cette position ne pouvait « qu’humilier la France ».

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