Ukraine : sortie de crise pour Biden et Poutine

Des diplomates de 30 pays membres de l’OTAN rencontrent aujourd’hui à Bruxelles des représentants de Moscou afin de poursuivre les discussions américano-russes de Genève sur l’Ukraine.

À la fin de ces pourparlers, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov a déclaré : « Nous avons expliqué à nos collègues que nous n’avions aucun plan, aucune intention d’attaquer l’Ukraine », ajoutant qu’il n’y avait « aucune raison de craindre une escalade ». Mais aucune percée significative n’a été réalisée. Les deux parties ont convenu de poursuivre leurs efforts pour réduire les tensions.

La Russie exige que l’OTAN garantisse qu’elle n’offrirait jamais l’adhésion à l’Ukraine, ce que les États-Unis ont catégoriquement rejeté. Depuis 30 ans, le Pacte atlantique a accueilli en son sein l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, trois États de la défunte Union soviétique. Et maintenant l’Ukraine ? Poutine a dit « assez c’est assez ! » Il rêve (en couleur !) de reconstituer l’URSS, dont le démembrement, selon lui, fut « la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle ».

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Mais se prépare-t-il vraiment à une guerre avec l’Ukraine ? Je ne le pense pas. Poutine, comme je l’ai déjà dit, est un dictateur assassin, sans foi ni loi, mais sensé. Il tente d’exploiter au maximum les problèmes de politique intérieure de Biden qui limitent sa liberté d’action sur le plan international et donc ses possibilités d’intervention en Ukraine.

La solution : les missiles à portée intermédiaire

Pour désamorcer la crise, il faut permettre à Poutine de sauver la face, trouver une solution « gagnant-gagnant » où les deux parties pourraient se péter les bretelles. Je crois que c’est dans cette optique que les États-Unis ont proposé que la Russie et les États-Unis limitent leurs exercices militaires et leurs déploiements de missiles en Europe de l’Est.

Fin décembre, Poutine et Biden ont eu une conversation téléphonique au cours de laquelle le président américain a assuré son homologue russe que Washington n’avait aucune intention de déployer des armes offensives en Ukraine. Il a alors offert aux Russes de discuter de l’avenir de leur déploiement respectif en Europe de missiles nucléaires à portée intermédiaire. Ça pourrait bien être la voie de sortie de l’impasse actuelle : on parle d’un autre sujet sur lequel on peut s’entendre.

Et le Canada dans tout ça ?

Ottawa appuie pleinement la souveraineté de l’Ukraine et a parrainé sa candidature à l’OTAN. Le Canada a imposé des sanctions économiques à plus de 430 personnes et entités russes et ukrainiennes quand la Russie a arraché la Crimée de l’Ukraine pour l’annexer en 2014.

Environ 200 militaires canadiens entraînent actuellement des membres des forces armées ukrainiennes. Il serait difficile pour eux de ne pas participer aux combats si la Russie envahissait le pays même si l’OTAN a déclaré qu’elle n’interviendrait pas militairement.

Trudeau a assuré les États-Unis qu’il est prêt à contribuer à de sévères mesures dissuasives contre la Russie. Les sanctions envisagées par Washington comprendraient entre autres l’exclusion des grandes institutions financières russes des transactions mondiales et l’imposition d’un embargo sur des technologies informatiques critiques destinées à la Russie.

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