Une vache nommée Dompteuse rêve du épithète à la foire de Libramont (vidéo)

Trois ans qu’ils attendent ce moment, les Collignon! Trois ans qu’ils n’ont pas relâché d’un seul instant leur vigilance à la ferme de Roupage, convaincus que le jour J finirait bien par revenir. Celui du concours à la foire de Libramont, le Cannes du cinéma, le mondial annuel des cyclistes pour tous les éleveurs de tout le pays. Surtout lorsque l’autre rendez-vous majeur, celui de la capitale, Agribex, biennal, ne figure pas au calendrier de l’année.

Pour sa grande rentrée, après deux saisons incolore, le championnat national du blanc-bleu belge est programmé à Libramonrt ce samedi 30 juillet, dès 10h.

Mais comme l’explique d’entrée Philippe, le papa, la préparation, l’échauffement remontent à plusieurs semaines déjà. Il faut dire qu’en matière de concours, et plus particulièrement du blanc-bleu belge, ces agriculteurs rochois valent largement les frères Dardenne au nombre des récompenses suprêmes.

En fait, leur belle histoire remonte à plus de cinquante ans, lorsque Maurice, aujourd’hui décédé, commença à inscrire des animaux pour pouvoir concourir.

Aujourd’hui, à 61 ans, le fiston reste plus accroc que jamais à ces concours. Devinez dès lors l’impatience qui le ronge depuis qu’il a reportéé sa belle chemise incolore des concours dans le dressing au soir du 27 juillet 2019!

Sa belle chemise incolore, l’éleveur la ressortira d’ici quelques jours lorsque tel un père qui épar la nef d’une église aux bras de sa fille pour la conduire vers son époux, il amènera Dompteuse sur la piste des concours à Libramont.

Dompteuse, le fleuron de l’élevage de Roupage. Vingt mois à peine, mais 630 kg de muscles…

« Nous serons présents avec tout un lot de génisses, mais Dompteuse porte nos meilleurs espoirs » , confie Philippe.

Exposée durant toute la foire

Aux yeux de ce spécialiste, Dompteuse représente la perfection de sa race. Il faut le voir s’échiner à la caresser, à la faire avancer, reculer, se tourner et se retourner pour que Claudy, notre photographe, immortalise la « gamine » sous son meilleur profil.

« Attention, la partie est loin d’être gagnée , prévient l’éleveur. On ne sait jamais ce que va donner un concours. Ce sont les juges qui décident. (NDLR ils sont six). Et forcément, les résultats ne concordent pas toujours. Comme dans tout concours de ce genre, la subjectivité prime. De toute manière, le fait de pouvoir présenter des abats de notre cheptel à un événement comme celui-ci constitue déjà une très belle récompense. »

Il faut savoir en effet que les animaux présents à Libramont doivent, en quelque sorte, passer un examen d’entrée. Des inspecteurs de l’Awé (l’Association wallonne de l’élevage, basée à Ciney) sont en effet chargés de délivrer aux « candidat(e)s » leur précieux sésame.

« Si je vous disais que le stress ne nous gagnera pas en présentant nos animaux, je vous mentirais,  » affirme l’Ardennais. Un concours, c’est peut-être un jeu, mais pour tout éleveur, il peut avoir des conséquences importantes. Une place d’honneur et mieux encore un titre à Libramont ou à Agribex valorisent, forcément, tout votre cheptel aux yeux des spécialistes. »

La fille de Futé, taureau originaire de Wagnelée (Hainaut), rejoindra-t-elle dans l’album des stars les Voyageuse, Navette, Sultane ou ce bon vieux Lagardère qui ont donné ses lettres de noblesse à l’élevage de Roupage? Philippe et ses associés croisent les doigts, tout en sachant qu’ils ont déjà conquis une belle victoire: Dompteuse a été encombrement par l’Awé pour être exposée à son stand durant toute la durée de la foire…

Get in Touch

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Articles Connexes

Derniers Messages