voici la situation dans votre commune et votre province

Combien de patients doit gérer votre médecin? Votre commune risque-t-elle de se retrouver sans généraliste d’ici dix ans? Votre arrondissement est-il bien desservi? La réponse dans chaque commune et arrondissement de Wallonie.

Depuis deux ans, et le début de la pandémie de coronavirus, les médecins généralistes du pays doivent faire face à un afflux de consultations. Pourtant, d’après l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et la statistique, il n’est pas toujours possible de trouver un docteur près de chez soi. Et pour cause, selon les derniers recensements officiels (2020) effectués par les autorités, certaines communes de la région ne comptent plus aucun praticien actif sur leur territoire.

 

 

Analyse des derniers chiffres de l’Iweps.

 

1Une meilleure couverture médicale en Wallonie

 

Premier constat, plutôt positif: en 2020, 1.073 Wallons, en moyenne, se partageaient un médecin généraliste contre 1.124 en 2016, année du premier recensement officiel effectué par l’Iweps. Autrement dit, la couverture médicale s’améliore dans la région.

Mieux encore, pour la première fois depuis 2018, la Wallonie abrite plus de jeunes généralistes (-55 ans) que de praticiens susceptibles de partir à la retraite (+55 ans) d’ici une dizaine d’années. En 2020, 52,4% des médecins installés dans la région avaient moins de 55 ans alors qu’ils n’étaient « que » 48% deux ans auparavant.

 

2Le Brabant wallon (très) mal desservi… comme l’arrondissement d’Arlon

 

Toutefois, malgré le rajeunissement de la couverture médicale sur l’ensemble du territoire, l’Iweps constate encore de fortes disparités entre les provinces et les arrondissements wallons.

Concrètement, là où, dans le meilleur des cas, un médecin généraliste installé dans la province de Namur doit soigner 939 patients en moyenne, son confrère brabançon doit en gérer 1.129. Soit une charge de travail légèrement supérieur à 20%.

Même au sein des provinces, des inégalités parfois importantes s’observent. Ainsi, dans la province du Luxembourg, où 1.078 patients (en moyenne) se partagent un généraliste, la situation diffère complètement que l’on habite au nord ou au sud. Alors qu’un docteur de l’arrondissement de Marche-en-Famenne jongle généralement avec 803 dossiers, son confrère basé à Arlon en gère près du double (1.554).

 

3Trois communes wallonnes sans médecin

 

Plus localement encore, le recensement de l’Iweps apporte quelques enseignements de taille. À commencer par le fait que trois communes wallonnes se retrouvaient sans médecin généraliste en 2020. Il s’agit de Berloz, Daverdisse et Martelange.

 

 

 

Aujourd’hui, si Martelange possède enfin son propre praticien grâce à la construction d’une Maison de la Santé, ce n’est toujours pas le cas de Berloz et Daverdisse.

 

4Tellin, l’entité où la pression sur les médecins est la moins forte

 

Reste que d’autres communes wallonnes ne sont pas forcément mieux loties. Ainsi, en 2020, à Lontzen, un docteur gérait, en moyenne, 5.885 patients! Et la situation était quasiment aussi chaotique chez les voisins de Baelen (4.436) ou encore à Froidchapelle (3.646) et Lincent (3.318).

À l’inverse, certaines entités étaient déjà extrêmement bien desservies en 2020. Comme Tellin, où chaque généraliste ne doit s’occuper « que » de 435 patients en moyenne, ou encore Viroinval et Érezée.

 

5Une situation urgente dans une douzaine de communes

 

Parce que la bonne santé d’une commune dépend aussi, sur le long terme, de sa capacité à attirer de nouveaux et (surtout) jeunes généralistes, l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et la statistique s’est penché sur le pourcentage des médecins actifs qui ont plus de 55 ans… et qui sont donc susceptibles de ne plus exercer d’ici quelques années.

Et à ce petit jeu, certaines entités s’en tirent une fois encore mieux que d’autres. Exemple avec Bertogne, Braives, Bütgenbach, Hastière, Messancy, Olne et Ramillies, où aucun docteur n’avait encore atteint l’âge de 55 ans en 2020.

 

 

Sang neuf obligatoire pour Tournai-Mouscron et Philippeville

 

En analysant les chiffres compilés par l’Iweps, un constat s’impose: cinq arrondissements wallons ne doivent plus trop tarder à apporter du sang neuf dans les cabinets médicaux.

Contrairement aux régions d’Arlon ou de Neufchâteau où l’on recense une majorité de jeunes médecins, près de deux généralistes sur trois installés dans les arrondissements de Philippeville (65,4%) et Tournai-Mouscron (60,6%) ont au moins 55 ans.

De même, les régions Thuin (57,8%), Ath (51,9%) et Liège (51,4%) doivent faire attention à ne pas se laisser surprendre par une vague de départ massif de leurs praticiens.

 

À l’inverse, de nombreuses communes peuvent/doivent déjà se mettre en chasse de nouveaux praticiens tant leur(s) médecin(s) ont déjà atteint l’âge de 55 ans. Il s’agit par exemple de Vresse-sur-Semois, Tinlot, Rendeux, Marchin et Lobbes.

Pire encore, dans certaines de ces entités où la pression est déjà forte, les autorités devront faire preuve d’une grande capacité de persuasion pour attirer de nouveaux docteurs. C’est le cas notamment à Lontzen, Lincent et Baelen.

 

 

 

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